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Alexis Duclos Photographe



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« Les enchaînés »

En Côte d’Ivoire, près du village d’Akobro au sud de Bouake, Alou vit enchaîné à un tronc mort.
Comme Jérémi N’Agussan dont la jambe est « dans le bois » bloquée par une armature en fer, ces personnes font partie de ces milliers d’Africains malades mentaux. Ils sont enchaînés ou retenus prisonniers plusieurs années durant, souvent jusqu’à la fin de leur vie. Sous la pression de « prophètes » de sectes locales, certaines familles peuvent verser le tiers de leur salaire pour qu’ils enchaînent le malade. Il est aussi fréquent, pour « chasser les mauvais esprits », que les patients, souvent schizophrènes, soient fouettés.
Un homme, Grégoire Ahongbonon, de l’association Sainte Camille tente de venir en aide à ces malheureuses victimes.

« …et puis ces images bouleversantes, qui me hantent depuis que je les ai vues, d’hommes enchaînés à des troncs – oui, des jambes à des troncs, ou passées dans le trou d’un tronc, ou l’image terrible d’une jambe que l’on dirait coulée dans le bois d’un tronc comme dans un béton, toutes les modalités possibles de l’attachement d’un homme à la pierre d’un tronc et de son bois. Ce sont tes images les plus fortes, cher Alexis… Tu sais, je te l’ai dit, un soir, à Sarajevo, ce que je tiens pour le plus grand scandale en ce monde : ce moment où, dans un  corps, on mutile et tente de faire disparaître cette lueur intime et ultime qu’est la lumière d’un visage humilié. Et tu sais, par voie de conséquence, à quoi tient, selon moi, la grandeur du journalisme - tu sais que la littérature, quand elle se fait journaliste, ne devrait rien être d’autre que la revanche des visages sur cette mort sans nombre, sans nom et, donc, sans visage qu’est la mort infligée par les grandes barbaries modernes…J’ai vu tant de supposés témoins se repaître de la mort des autres que je suis heureux de pouvoir saluer ces autres témoignages, les tiens : instantanés de mort et de vie ; conversations muettes avec des survivants ; photos comme des bouées lancées à des inhumanisés ; ces images désespérantes et qui sont, en même temps, des leçons de vie. »

Bernard-Henri Lévy

 

 

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